4.19 Le retrait du calife
4.19 The removal of the Khaleefah
Le calife est destitué immédiatement si son statut change d'une manière qui l'exclut du poste du califat. Le calife doit être destitué si son statut change d'une manière qui ne l'exclut pas du poste du califat, mais qu'il n'est pas autorisé par la Shar’a à continuer dans son poste.
The Khaleefah is removed immediately if his status changed in a way that takes him out from the post of the Khilafah. The Khaleefah must be removed if his status changes in a way that does not take him out from the post of the Khilafah, but He is not allowed by Shar’a to continue in his post.
La différence entre le cas qui retire le calife de son poste au sein du califat, et le cas dans lequel il doit être destitué, est que dans le premier cas, l'obéissance n'est plus obligatoire dès que son statut change. Alors que dans le second cas, où il doit être destitué, son obéissance demeure obligatoire jusqu'à ce qu'il soit effectivement destitué.
The difference between the case that takes the Khaleefah out from the post of the Khilafah, and the case in which He must be removed is that in the first case, obedience is not compulsory as soon as his status changes. While in the second case, where He must be removed, his obedience remains compulsory until He is effectively removed.
Il y a trois cas qui retirent le calife de son poste au sein du califat :
There are three cases that take the Khaleefah out from the post of the Khilafah:
Premièrement : s'il devient un Murtad (apostat). Cela est dû au fait que l'une des conditions de la conclusion du califat est l'Islam. Il s'agit d'une condition initiale et d'une condition de continuité. Quiconque rejette l'Islam (commet l'apostasie) devient un mécréant (Kafir) et il doit être tué s'il ne renonce pas à son apostasie. Il est interdit à un mécréant (Kafir) de gouverner les musulmans, ou d'avoir la moindre autorité sur eux, car Allah (SWT) dit :
Firstly: If He becomes a Murtad (apostate). This is because one of the conditions of contracting the Khilafah is Islam. This is an initial condition and a condition of continuity. Whoever rejects Islam (commits apostasy) He becomes a disbeliever and He should be killed if He does not renounce his apostasy. It is forbidden for a Kafir to rule over the Muslims, or to have any authority over them, for Allah (swt) says:
« Et Allah ne permettra jamais aux mécréants (Kafir) d'avoir la moindre autorité sur les croyants. » {An-Nisa: 141} Allah (SWT) dit également :
“And Allah will never allow for the Kafirs to have a way (authority) over the believers.” [TMQ An-Nisa: 141] Allah (swt) also says:
« Ô vous qui croyez ! Obéissez à Allah, obéissez au Messager et à ceux d'entre vous qui détiennent l'autorité. » [TMQ An-Nisa: 59]
“O you who believe obey Allah and obey the Messenger and those in authority from amongst you.” [TMQ An-Nisa: 59]
« Parmi vous » (Minkum) dans le verset indique clairement que ceux qui détiennent l'autorité doivent être musulmans. Si la personne en autorité devient mécréante, alors elle n'est pas des nôtres. Ainsi, la caractéristique que le Coran a établie comme condition pour la personne en autorité, à savoir l'Islam, serait absente. Le calife sera donc écarté de son poste au sein du califat s'il commet l'apostasie. Il ne sera alors plus un calife des musulmans, et ces derniers ne seront plus obligés de lui obéir.
“From amongst you” (Minkum) in the verse, clearly indicates that those in authority must be Muslims. If the person in authority becomes a disbeliever then He is not from amongst us. Thus the characteristic that the Qur’an laid down as a condition for the person in authority, namely Islam, would be absent. The Khaleefah will therefore be taken out of the post of the Khilafah if He commits apostasy. He will then no longer become a Khaleefah of the Muslims, nor will they be obliged to obey him.
Deuxièmement : Si le calife devient irrémédiablement fou. Cela est dû au fait que la raison est l'une des conditions de la conclusion du califat et qu'elle est une condition de sa continuité. Car le Messager d'Allah ﷺ a dit :
Secondly: If the Khaleefah becomes irreversibly insane. This is because sanity is one of the conditions of contracting the Khilafah and it is a condition of its continuity. For the Messenger of Allah (pbuh) said:
« La responsabilité est levée dans trois cas... » jusqu'au moment où il ﷺ a dit :
“Accountability is lifted in three instances...” to the point where He (pbuh) said:
« le fou jusqu'à ce qu'il retrouve la raison. » Dans une autre narration,
“the insane until He regains his senses.” In another narration,
« le fou jusqu'à ce qu'il soit guéri. » Quiconque n'est pas responsable ne peut prendre soin de lui-même, par conséquent, à plus forte raison, il ne peut demeurer un calife, veillant sur les affaires des peuples.
“the mad until He is cured.” Whoever is not accountable cannot look after himself, therefore by greater reason He cannot remain a Khaleefah, looking after peoples’ affairs.
Troisièmement : Si le calife est emprisonné par un ennemi redoutable, qu'il ne peut se libérer de lui et qu'il n'y a aucun espoir d'y parvenir. Dans ce cas, il doit être démis de ses fonctions, car son emprisonnement le rend totalement incapable de veiller sur les affaires des musulmans, et il serait comme s'il n'existait pas.
Thirdly: If the Khaleefah is imprisoned by a formidable enemy, and can’t free himself from them, and there is no hope of doing so. In this case He should be removed, for his imprisonment makes him completely unable to look after the Muslims affairs, and He would be as if He does not exist.
Dans ces trois cas, le calife est déchu de son poste de califat et il doit être immédiatement destitué, même si aucun verdict de sa destitution n'a été rendu. Il ne doit pas être obéi, et ses ordres ne doivent pas être exécutés par quiconque possède la preuve que le calife se trouve dans l'une de ces trois conditions. Cependant, il est nécessaire de prouver si l'un de ces cas lui est arrivé. La preuve doit être établie par le tribunal des plaintes (Mazalim), qui rendra son verdict stipulant que le calife a été déchu de son poste de califat et qu'il doit être destitué, permettant ainsi aux musulmans de confier le poste de califat à quelqu'un d'autre.
In these three cases the Khaleefah is taken out of his post of the Khilafah and He should immediately be removed, even if there was no verdict of his removal issued. He is not to be obeyed, and his orders should not be executed by whoever has a proof that the Khaleefah is under any of these three conditions. However, it is necessary to prove if any of these cases happened to him. The proof should be established by the complaints tribunal (Mazalim), which would issue its verdict stating that the Khaleefah had been taken out of the post of the Khilafah and that He should be removed, thus allowing the Muslims to contract the post of Khilafah to someone else.
Quant aux questions où le calife n'est plus autorisé à continuer dans ses fonctions mais qui ne le retirent pas immédiatement de son poste de califat, il y en a cinq :
As to the matters where the Khaleefah is no longer permitted to continue in office but which do not take him immediately out of his post of the Khilafah, these are five:
Premièrement : si son intégrité est invalidée par la manifestation de signes évidents de *Fisq* (transgression). En effet, l'intégrité (*‘Adaala*) est l'une des conditions pour l'établissement du califat et pour sa continuité. Ainsi, si Allah (SWT) a stipulé l'intégrité (*‘Adaala*) pour le témoin, alors, par analogie a fortiori, elle est stipulée pour le calife.
Firstly: If his justness is invalidated by showing manifest signs of Fisq (wrongdoing). For justness (‘Adaala) is one of the conditions for contracting the Khilafah and for its continuity. So if Allah (swt) stipulated the justice (‘Adaala) in the witness then, for greater reason, it is stipulated in the Khaleefah.
Deuxièmement : si le calife devient une femme ou devient efféminé. Cela est dû au fait qu'être un homme est une condition contractuelle et une condition de la continuité du califat. Cela est dû à la parole du Messager d'Allah ﷺ qui a dit :
Secondly: If the Khaleefah becomes a female or effeminate. This is because being a man is a contractual condition and a condition of continuity of the Khalifah. This is due to the saying of the Messenger of Allah (pbuh) who said:
« Tout peuple qui nomme une femme à la tête de ses affaires ne réussira jamais. » [Narrated by Al-Bukhari from Aby Bakrah]
“Any people who appoint a woman over their affairs shall never succeed.” [Narrated by Al-Bukhari from Aby Bakrah]
Troisièmement. Si le calife souffre d'un état mental désordonné, en perdant la raison par moments et en la retrouvant à d'autres. Cela est dû au fait que l'esprit est l'une des conditions de contraction et de continuité du califat, en raison de ce que le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Trois types de personnes sont exemptés de la responsabilité... » jusqu'au point où il ﷺ a dit : « ...et le fou jusqu'à ce qu'il retrouve sa raison. » Le fou ne peut conduire et gérer ses propres affaires, et par conséquent, à plus forte raison, il ne peut gérer les affaires du peuple. Dans ce cas, il est interdit de nommer un tuteur (fiduciaire) ou un délégué pour lui, puisque le contrat de califat a été conclu sur sa personne, par conséquent personne d'autre ne peut agir en son nom.
Thirdly. If the Khaleefah suffers from a disorderly mental condition, by losing his mind at times and regain it at others. This is because the mind is one of the contracting and the continuity conditions of the Khilafah, due to what Allah’s Messenger (pbuh) said: “Three types of people are exempted from accountability...” to the point where He (pbuh) said: “...and the mad until He regains his sanity.” The insane cannot conduct and manage his own affairs, and then by greater reason, He cannot manage the people’s affairs. In this case it is forbidden to appoint a caretaker (trustee) or a deputy for him, since the contract of Khilafah has been concluded upon his person, therefore no one else can act on his behalf.
Quatrièmement : Si le calife est incapable d'assumer ses fonctions de califat pour quelque raison que ce soit, que ce soit en raison d'un handicap ou d'une maladie chronique (incurable) qui l'empêche d'exercer ses fonctions. Le point en question dans ce cas est son incapacité à assumer ses devoirs.
Fourthly: If the Khaleefah is unable to carry out his duties of Khilafah for any reason, whether because of a disability or because of a chronic (incurable) disease which prevents him from performing his functions. The point at issue in this case is his inability to carry out his duties.
C'est parce que le contrat du califat est basé sur l'accomplissement de ses tâches. Si le calife était incapable de remplir le contrat, son destitution devient obligatoire, car il serait comme s'il n'existait pas. S'il ne pouvait pas non plus accomplir les devoirs pour lesquels il avait été nommé calife, les affaires de la religion (Deen) et les intérêts des musulmans seraient bloqués, entraînant un mal (Munkar) qui doit être éliminé. Cela ne peut être réalisé qu'en destituant le calife, après quoi les musulmans pourront nommer un autre calife à sa place. Sa destitution dans ce cas devient obligatoire.
This is because the contract of Khilafah is based on performing its tasks. If the Khaleefah was unable to fulfil the contract his removal becomes compulsory, as He would be as if He didn’t exist. If He also could not perform the duties for which He had been appointed as Khaleefah, the affairs of the Deen and the Muslims’ interests would become stalled resulting in an evil (Munkar) that has to be removed. This cannot be acheived except by dismissing the Khaleefah and then the Muslims can appoint another Khaleefah in his place. His removal in this case becomes compulsory.
Cinquièmement : Si le calife est assujetti ou contraint d'une manière qui le rend incapable de mener les affaires des musulmans selon sa propre opinion conformément à la Shar’a. Si cela lui arrivait, il serait alors considéré comme pratiquement incapable d'assumer les devoirs du califat. Cette situation nécessiterait son destitution. Le scénario précité a été considéré comme applicable dans deux cas :
Fifthly: If the Khaleefah becomes subjugated or coerced in a manner that leaves him unable to conduct the affairs of the Muslims with his own opinion according to the Shar’a. If this had happened to him He would then be considered virtually unable to fulfil the duties of Khilafah. This situation would necessitate his removal. The foregoing scenario has been considered to apply in two cases:
Le premier cas est celui où un membre ou plusieurs membres de son entourage ou de sa famille acquièrent un pouvoir sur lui, de sorte qu'ils exécutent les affaires de manière arbitraire et deviennent autoritaires au point de le dominer, si bien qu'il ne peut pas être en désaccord avec eux et qu'il est contraint de suivre leur opinion. Dans ce cas, la situation doit être examinée. Si leur coercition pouvait être éliminée dans un court laps de temps, il lui serait permis de rester en fonction, afin qu'il puisse les écarter et se libérer de leur influence. S'il procédait ainsi et que sa capacité était restaurée, il lui serait permis de rester en fonction, sinon il devrait être démis de ses fonctions. Il serait sujet à un retrait immédiat s'il n'y avait aucun espoir de se libérer d'une telle coercition.
The first case is when a member or members of his entourage or family gain power over him so that they execute the matters arbitrarily and they become high-handed so that they overpower him such that He cannot disagree with them and He is forced to follow their opinion. In this case the matter should be examined. If their coercion could be eliminated within a short period of time He would be allowed to remain in office, so as to remove them and free himself of their influence. If He did this and his ability was restored He would be allowed to remain in office, otherwise He should be removed. He would be subject to immediate removal if there were no hope of freeing himself from such coercion.
Le second cas est celui où le calife tombe prisonnier d'un ennemi redoutable, soit physiquement, soit en étant sous la domination de son ennemi. Dans ce cas, la question doit être examinée. S'il y a un espoir qu'il puisse se libérer de l'ennemi, on lui donnerait le temps de le faire et de restaurer son autorité, sinon il serait démis de ses fonctions. Si aucun espoir n'était envisageable, il devrait être démis immédiatement.
The second case is when the Khaleefah falls prisoner to a formidable enemy, either physically or by being under his enemy’s dominance. In this case the matter should be examined. If there is any hope of freeing himself of the enemy He would be given time to do so and restore his authority, otherwise He would be removed. If no hope was in sight, He should be removed immediately.
Dans les deux cas, il serait pratiquement incapable d'accomplir seul les tâches du califat selon les règles de la Shar’a. Il serait comme s'il n'existait pas et serait incapable d'exercer les fonctions pour lesquelles le contrat du califat a été conclu.
In both cases He would be virtually unable to fulfil the tasks of the Khilafah by himself according to the Shar’a rules. He would be as if He didn’t exist and unable to carry out the functions over which the Khilafah contract was convened.
Dans les deux cas, cependant, s'il y avait un espoir qu'il se libère lui-même, on devrait lui accorder du temps jusqu'à ce que l'espoir de sa libération devienne nul, après quoi il devrait être retiré. Si, en revanche, il n'y avait aucun espoir dès le départ, il devrait être retiré immédiatement.
In both cases, however, if there was hope of freeing himself He should be given time until freeing himself becomes hopleless, after which He should be removed. If, however, there was no hope at all in the first instance, He should be removed at once.
Le calife doit donc être destitué chaque fois que l'un des cinq cas énumérés ci-dessus survient. Cependant, il ne peut être destitué qu'une fois qu'un verdict (concernant la situation en question) a été rendu. Dans les cinq cas, le calife doit toujours être obéi et ses ordres exécutés jusqu'à ce qu'un verdict de sa destitution soit rendu. Dans chacun de ces cas, le contrat du califat n'est pas automatiquement annulé. Il nécessite plutôt un verdict rendu par un juge.
The Khaleefah should thus be removed whenever any of the five cases listed above occurs. However, He cannot be removed except when a verdict (concerning the situation at hand) has been issued. In all five cases the Khaleefah should always be obeyed and his orders executed until a verdict of his removal has been issued. In each one of these cases the Khilafah contract is not automatically nullified. It rather needs a verdict issued by a judge.