1.3 Failles et défauts : les fautes dormantes dans le système du capitalisme
1.3 Flaws and Defects: Dormant Faults in the System of Capitalism
Depuis sa création, le capitalisme et ses principes fondamentaux font l'objet d'un examen minutieux, de critiques et d'attaques. Parmi les attaques les plus sérieuses figurent celles provenant de philosophes socialistes et communistes tels que Marx, Engels et Lénine. Certains penseurs islamiques ont apporté des critiques selon une perspective différente.
Since its inception, capitalism and its main principles have been under scrutiny, criticism, and attack. Among the most serious attacks are those that came from socialist and communist philosophers such as Marx, Engels, and Lenin. Some Islamic thinkers provided criticism from a different perspective.
Mais c'est Marx qui a formulé l'une des critiques les plus approfondies des principes fondamentaux du capitalisme. Marx, dans son exposé du capitalisme, s'est concentré sur la définition de la « valeur » et pensait avoir trouvé un défaut majeur et fondamental dans la théorie du capitalisme. Marx a redéfini la « valeur » et a utilisé sa propre définition de la « valeur » pour attaquer les idées centrales du capitalisme. Marx a défini la valeur comme « la quantité de travail investie dans le processus de production d'un produit ». Il affirme que tout avantage qu'un produit possède est le résultat direct du travail investi par un travailleur. Cela s'applique aussi bien aux produits de la terre faits par les agriculteurs qu'aux produits de l'industrie faits par les ouvriers. Marx a défini la « plus-value » comme la quantité de travail (ou son équivalent monétaire) conservée par le capitaliste après la consommation du produit. Cette plus-value, soutient Marx, est un vol direct du travail des ouvriers par ceux qui possèdent les moyens de production (la terre ou l'usine). Marx a prédit que la plus-value entraînerait une accumulation massive de richesses entre les mains des propriétaires des moyens de production, au détriment de ceux qui exercent leur travail pour produire la valeur en premier lieu. À terme, ce processus devrait conduire à un affrontement entre la classe des travailleurs qui produisent la valeur et la classe des capitalistes qui s'approprient la valeur32.
But it was Marx who provided one of the most thorough criticisms of the basic principles of capitalism. Marx, in his account of capitalism, focused on the definition of “value” and thought to have found a major and fundamental defect in the theory of capitalism. Marx redefined the “value” and used his own definition of “value” to attack the core ideas of capitalism. Marx defined value as “the amount of labor invested in the process of producing a product.” He claims that whatever benefit a product has is a direct result of the labor invested by a laborer. This applies to products of lands made by farmers as well as products of industry made by workers. Marx defined the “surplus value” to be the amount of labor (or its monetary equivalent) retained by the capitalist after the consumption of the product. This surplus value, Marx maintains, is a direct theft of the labor of workers by the ones who own the means of production (the land or factory). Marx predicted that the surplus value will result in a massive accumulation of wealth in the hands of the owners of the means of production at the expense of those who exert their labors to produce the value in the first place. Eventually, this process should lead to a clash between the class of laborers who produce the value and the class of capitalists who retain the value to themselves32.
La principale contribution de Marx est le fait qu'il a dirigé sa critique vers les principes fondamentaux du capitalisme, à savoir la valeur et le prix des marchandises. L'analyse de Marx est intrinsèquement erronée. Sa majeure erreur est qu'il a fondé sa discussion et son analyse sur sa propre définition de la valeur. Le concept de « plus-value » est à la fois le point de force et le point de faiblesse de la théorie anti-capitaliste de Marx ; à cet égard, il ressemble au talon d'Achille. Il suffit de souligner qu'un agriculteur peut cultiver deux parcelles de terres adjacentes avec le même type de cultures, en utilisant les mêmes outils, et recevoir tout de même deux résultats différents pour ses produits. Évidemment, la valeur des produits, qui peut différer en quantité et en qualité, ne peut être égale au travail de l'agriculteur qui est le même dans les deux cas. De nombreux exemples similaires peuvent être cités pour montrer l'inexactitude et la faille du concept de plus-value.
The main contribution of Marx is the fact that he directed his criticism to the core principles of capitalism, namely, the value and the price of goods. Marx’s analysis is inherently flawed. His major error is that he based his discussion and analysis on his own definition of the value. The “surplus value” concept is at once the point of strength and the point of weakness in Marx’s theory of anti-capitalism; in this respect it resembles the Achilles’ heel. It is sufficient to point out that the farmer may cultivate and farm two pieces of adjacent lands with the same type of crops, using the same tools, and still receive two different results for his products. Obviously, the value of the products, which may be different in quantity and quality, cannot be equal to the labor of the farmer which is the same in both cases. Many examples of the like can be cited to show the inaccuracy and flaw of the surplus value concept.
Plus récemment, Sorin Cucerai fait les commentaires suivants sur le capitalisme dans son article « The Fear of Capitalism and One of Its Sources »39 :
More recently, Sorin Cucerai makes the following comments on capitalism in his article “The Fear of Capitalism and One of Its Sources”39:
Paradoxalement, la « liberté et la prospérité du capitalisme » ne sont possibles qu'en refusant aux individus un accès direct à la nourriture et au logement. Afin de jouir de cette liberté capitaliste, nous devons être aliénés de notre propre nature. Tout individu vivant dans l'ordre capitaliste est un être fondamentalement précaire, d'une fragilité radicale.
Paradoxically, the “freedom and prosperity of capitalism” are possible only by denying people direct access to food and shelter. In order to have this capitalist freedom, we must be alienated from our own nature. Any individual that lives in the capitalist order is a fundamentally precarious being, of a radical frailty.
La principale critique formulée par les savants dans le cadre du capitalisme s'est concentrée sur le niveau d'intervention du gouvernement dans les affaires économiques d'une société. La forme la plus pure du capitalisme appelle au moindre engagement du gouvernement, où l'équilibre est atteint par le mécanisme des prix ; il s'agit du capitalisme laissez-faire (traduit par « laissez faire »). Le capitalisme laissez-faire fait l'objet d'attaques et de critiques sévères lors des crises financières et économiques, des récessions et des dépressions. Le magazine en ligne Forbes.com a publié un article le 19 février 2009, sous le titre « Laissez-Faire capitalism Has Failed » écrit par Nouriel Roubini, dans lequel il écrit : « Il existe désormais un risque croissant que cette crise se transforme en une stagflation-déflation de type japonais, en forme de L, plus laide et s'étalant sur plusieurs années (une combinaison mortelle de stagnation, de récession et de déflation) ». Des critiques sérieuses et significatives des principes fondamentaux du capitalisme ont été formulées par d'éminents penseurs islamiques, à savoir Taqiuddin al-Nabhani et Mohammad Baqir Al-Sadr. Al-Nabhani a détaillé sa critique du capitalisme dans son livre The Economic System in Islam41. Al-Sadr a fourni un compte rendu détaillé des erreurs du capitalisme dans son livre Our Economy—Iqtisaduna42. Al-Nabhani s'est concentré sur les trois principes du capitalisme (la rareté relative, la valeur et le mécanisme des prix). L'objectif principal d'Al-Sadr portait sur la propriété privée et la possession.
The main criticism that came from scholars within the framework of capitalism focused on the level of government intervention in the economics affairs of a society. The purest form of capitalism calls for the least government involvement where equilibrium is achieved through the price mechanism; this is the laissez-faire capitalism (translated to “leave it to be”). Laissez-faire capitalism comes under severe attack and criticism during financial and economic crisis, recessions, and depressions. The Forbes.com online magazine published an article on Feb 19, 2009, under the title “Laissez-Faire capitalism Has Failed” authored by Nouriel Roubini, where he writes, “There is now a rising risk that this crisis will turn into an uglier, multiyear, L-shaped, Japanese-style stag-deflation (a deadly combination of stagnation, recession and deflation.” Serious and significant criticisms of the fundamental principles of capitalism were made by prominent Islamic thinkers, namely, Taqiuddin al-Nabhani and Mohammad Baqir Al-Sadr. Al-Nabhani detailed his critique of capitalism in his book The Economic System in Islam41. Al-Sadr provided a detailed account of the errors of capitalism in his book Our Economy—Iqtisaduna42. Al-Nabhani focused on the three principles of capitalism (relative scarcity, value, and price mechanism). Al-Sadr’s main focus was on the private property and ownership.
Dans les sections suivantes, nous examinerons certains des principaux défauts du capitalisme, puis nous montrerons comment ces défauts ont conduit à la création de comportements erronés au cours des années d'application du capitalisme. Ces défauts sont restés des fautes latentes et ont causé de graves erreurs à maintes reprises. L'intervention du gouvernement a été utilisée pour contenir l'impact de ces défauts et de ces erreurs et a tenté d'empêcher un échec complet des systèmes. Dans une déclaration faite à un comité du Congrès le 3 avril 2008, le chef de la Réserve fédérale, Bernanke, a déclaré que « si Bear Stearns avait été autorisé à faire faillite, l'impact défavorable d'un défaut de paiement ne se serait pas limité au système financier, mais se serait fait sentir largement dans l'économie réelle à travers ses effets sur la valeur des actifs et la disponibilité du crédit »47.
In the following sections, we will investigate some of the major flaws within capitalism and then show how these flaws have led to the creation of erroneous behavior over the years of capitalism application. These flaws have remained as dormant faults and have caused serious errors time and time again. Government intervention had been utilized to contain the impact of these flaws and errors and have attempted to prevent a complete failure of the systems. In a statement made to a congressional committee on April 3, 2008, the Fed Reserve chief Bernanke said that “if Bear Stearns had been allowed to fail, the adverse impact of a default would not have been confined to the financial system but would have been felt broadly in the real economy through its effects on asset values and credit availability”47.
Les principales failles et imperfections du capitalisme sont ancrées dans ses principes fondamentaux, lesquels ont été développés par Adam Smith et David Ricardo (34, 35). Ces principes sont la « rareté relative », la « valeur d'un produit » et le « mécanisme des prix ». Nous discuterons de chacun de ces principes et des failles qu'ils contiennent dans les sections suivantes.
The main flaws and defects within capitalism are embedded within its main principles, which were developed by Adam Smith and David Ricardo (34, 35). These principles are the “relative scarcity,” the “value of a product,” and the “price mechanism.” We will discuss each one of these principles and the flaws within them in the following sections.